Bernard Liégeois a clôturé un bail de 36 ans avec l’Action fouronnaise

Ce matin du vendredi 1er juillet 2022 a dû sembler bien étrange pour Bernard Liégeois: il ne s’est pas rendu dans son bureau, au premier étage du Centre culturel et sportif de Fourons. À 65 ans, le permanent de l’Action fouronnaise est en effet officiellement retraité, «après avoir donné trente-six ans de ma vie à cette fonction», sourit-il.

Bernard Liégeois ne rejoindra plus son bureau de l’Action fouronnaise

Au départ, pourtant, ce Hervien d’origine se destinait à l’enseignement. Tout frais diplômé en sciences sociales de l’université catholique de Louvain-la-Neuve (UCL), titulaire d’une agrégation en sciences politiques et sociales, il est engagé à l’Institut Saint-Joseph à Welkenraedt dont le directeur était André Smets, alors bourgmestre de Herve.

«L’école commençait seulement à grandir; il n’y avait alors qu’un cycle inférieur. Mais André Smets m’a expliqué qu’un cycle supérieur allait se créer. Et c’est dans cette perspective que j’ai été engagé. Je donnais des cours de sciences sociales, de géographie, de droit, d’économie politique…», relate-t-il.

Mais en 1986, une enseignante est réaffectée, et Bernard Liégeois, qui n’est pas nommé, perd toutes ses heures. Et le mi-temps qui est envisagé pour lui n’est guère intéressant.

«C’est alors que j’ai repéré dans « Le Jour-Le Courrier » une offre d’emploi qui a attiré mon attention: une organisation « proche des droits de l’Homme » engageait un permanent. J’ai envoyé mon CV, et j’ai reçu en retour une lettre à l’en-tête de… l’Action fouronnaise. J’ai trouvé que c’était sympa. J’ai passé un entretien chaleureux, un soir devant Jean-Louis Xhonneux, Jean-Marie Happart, José Smeets, et François Detry, que je connaissais tous par la télé, car, à l’époque, on parlait régulièrement de Fourons. Et un jour ou deux plus tard, François Detry est passé chez moi, pour me dire que le poste était pour moi, et que je pouvais commencer quand je voudrais».

Bernard Liégeois a pris ses fonctions en 1986 après un concert de Sandra Kim à Fourons

«J’ai pris ma fonction après (une soirée) avec Sandra Kim en vedette» sourit Bernard Liégeois. La jeune chanteuse était alors tout auréolée de sa victoire inattendue au concours Eurovision de la chanson.

Le désormais ex-enseignant succédait à ce poste au futur politologue de l’université de Liège (ULiège), le Visétois Pierre Verjans «qui était parti quelque temps auparavant, et l’épouse d’un échevin de Dalhem avait assuré l’intérim pendant un mois. Elle m’a dit qu’elle était soulagée de me passer le relais».

Au départ, poursuit le néo-retraité, «je travaillais sous la supervision de Jean-Louis Xhonneux. Il me téléphonait chaque jour à 9h et à 17h30 pile. Il me détaillait le travail qui était à faire, car à l’époque, il fallait suivre l’actualité de près, rédiger de nombreux communiqués de presse. Et tout ce qu’on produisait se retrouvait dans la presse».

Il est vrai qu’alors, on est en plein «carrousel fouronnais»: la candidature de José Happart au poste de bourgmestre systématiquement rejetée par le ministre fédéral flamand de l’Intérieur, officiellement pour non-connaissance du néerlandais de l’intéressé, le troisième échevin, José Smeets, démissionne; José Happart devient premier échevin faisant fonction de bourgmestre, avant de réintroduire une candidature à la fonction mayorale, systématiquement rejetée.

La question fouronnaise provoquera la chute du gouvernement, et le contentieux sera négocié, pas forcément dans les meilleures conditions, dans le cadre du compromis de 1988 qui verra enfin se créer la Région bruxelloise, dont la Flandre, jusque-là, ne voulait absolument pas.

Tout ce travail, alors «s’effectue encore à la machine à écrire électrique, avec transmission par fax, depuis le siège de l’Action fouronnaise, toujours situé au 36 de la rue Saint-Pierre à Fouron-Saint-Pierre».

Rapidement, toutefois, «Jean-Louis Xhonneux, déjà très branché en informatique, a racheté son tout premier ordinateur au photo-compositeur Kerf, à Aubin-Neufchateau. C’est alors qu’on a commencé à entrer dans l’ère informatique».

Ce n’est pas un luxe, car le travail du permanent de l’Action fouronnaise est très varié: «on a commencé à organiser les 24 heures d’autocross. Suivront ensuite les « Old Tractors’ Days » ou la fête de la tomate. Puis l’animation de la ferme pédagogique à Fouron-Saint-Pierre. Il fallait s’occuper de toute l’organisation de ces manifestations. J’ai écrit les statuts de diverses associations. II y avait le dossier de l’école. Et puis le « Foron », le périodique de l’Action fouronnaise, dont il fallait assurer la publication. Pendant ces trente-six ans, je suis rarement rentré avant 19h-19h30 chez moi. Car la journée de travail terminée, si je rencontrais des bénévoles qui avaient aidé à la mise sur pied de diverses manifestations, forcément, je ne pouvais pas passer au milieu d’eux sans m’arrêter pour discuter avec eux, surtout une fois le Centre culturel et sportif achevé, avec la cafétaria au rez-de-chaussée. Le travail du permanent n’est pas un simple travail administratif. Il faut se montrer, aller vers les gens…».

Aujourd’hui, «il y a probablement encore beaucoup plus d’organisations qu’à l’époque. Mais comme partout ailleurs, c’est le bénévolat qui pose de plus en plus problème», constate Bernard Liégeois. «Il devient de plus en plus difficile de trouver des volontaires pour aider à la mise sur pied de divers événements, que ce soient des fêtes du village ou la Fête du Peuple fouronnais, qu’on n’a plus organisée les deux dernières années, en raison de la pandémie».

Grâce aux accords de 1988, les Fouronnais francophones se verront accorder un Centre culturel et sportif, où l’Action fouronnaise a depuis lors transporté son siège.

«À l’époque, entre la décision et l’inauguration du Centre, en 1992, il s’est déroulé quatre ans. Cela nous paraissait long, mais si l’on compare, pour le rachat de l’école francophone, que la majorité flamande a mis en vente, il a fallut au total huit ans de tractations avec la Fédération Wallonie-Bruxelles pour obtenir un financement», constate Bernard Liégeois.

Mais la création de ce Centre culturel et sportif n’a-t-elle pas entraîné la fermeture de certains lieux de rencontres traditionnels (cafés ou salles de spectacle) des Fouronnais francophones, et la disparition d’association?

«Absolument pas», se récrie Bernard Liégeois, «il y a au contraire plus d’associations qu’auparavant, grâce au Centre culturel et sportif. La disparition de cafés de village, notamment, n’est en rien liée à sa création».

Le désormais ex-permanent de l’Action fouronnaise a maintenant définitivement fermé la porte de son bureau. Mais… on le verra encore souvent au Centre culturel et sportif, « où j’anime un atelier de sculpture, et où je vais reprendre un cours de gym».

Il espère aussi retrouver du temps pour la lecture. Et aussi pour se replonger dans des souvenirs. Ceux, par exemple, des personnalités qu’il a rencontrées, «du président français François Mitterrand au chancelier allemand Helmut Kohl; du Prix Nobel de la Paix et premier président post-apartheid de l’Afrique du Sud Nelson Mandela au navigateur Alain Bombard ou au grand scientifique, le Professeur Léon Schwartzenberg». Témoins d’un temps où Fourons faisait l’actualité des médias nationaux, et parfois internationaux…

Une école libre non-confessionnelle

Parmi les dossiers délicats que la majorité francophone a dû gérer, il y avait celui de l’école communale francophone, «à laquelle les parents d’élèves tenaient» mais qui était de plus en plus difficile à assumer dans un climat linguistique hostile. Au début des années 1990, «nous avons alors rencontré Elio Di Rupo (PS), jeune et impressionnant ministre-président de la Communauté française, dans son bureau climatisé et fleuri à Bruxelles. Il nous a assurés qu’avec le soutien du CRCF (Centre pour le Rayonnement Culturel de la Culture française), l’école deviendrait une école de la Communauté française. Mais quelques jours avant la rentrée, alors que des enseignantes avaient été engagées, on nous a dit que ce ne serait pas possible. Le 1er septembre, Elio Di Rupo est venu à Fourons. Il a expliqué que l’école serait une école libre non-confessionnelle et il a rassuré les enseignantes, sous statut d’employées: leur ancienneté serait garantie, ce qui a été le cas plus tard, sous la responsabilité de Joëlle Milquet (Les Engagés). Il y avait alors 183 élèves, et on en compte aujourd’hui une soixantaine. C’est le résultat de l’exode massif de jeunes Fouronnais francophones. Depuis peu, de nouveaux habitants francophones viennent vivre à Fourons, que nous rencontrons par exemple lors de manifestations culturelles au Centre culturel et sportif. Mais beaucoup d’entre eux souhaitent que leurs enfants soient bilingues, et ils les inscrivent plutôt à l’Institut provincial flamand de Fouron-le Comte»

«On nous dit toujours qu’on reçoit plus que les autres»

Comme tout le monde, Bernard Liégeois a vu le soutien francophone tiédir, à l’occasion de la Fête du Peuple fouronnais «où on voyait au départ des pointures, qui ont été progressivement remplacées par des régionaux. À l’exception de Jean-Claude Marcourt (PS), président du Parlement wallon, mais qui est plutôt en fin de parcours. Parmi les politiques actuels, nous pouvons toujours compter sur le ministre du Budget de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Frédéric Daerden (PS), et sur la députée hervienne Marie-Martine Schyns (Les Engagés). Mais plus généralement, bien peu de personnes savent encore où se situe Fourons, et à la Fédération Wallonie-Bruxelles, on nous oppose souvent que nous recevons plus que les autres, en oubliant que nous devons assurer les frais de fonctionnement comme partout ailleurs, mais aussi les salaires alors qu’ailleurs, ces salaires sont pris en charge par la Fédération Wallonie-Bruxelles. J’ai particulièrement mal vécu, dernièrement, le refus du subside de la bibliothèque francophone par la ministre Ecolo de la Culture, Bénédicte Linard, qui a eu pour effet le départ de notre bibliothécaire professionnelle, et l’isolement de notre bibliothèque. On nous fait ainsi des problèmes tandis qu’à Mouscron-Comines, la Communauté flamande a pu reprendre une école, sans que personne n’y trouve à redire». La solution pourrait venir d’un hypothétique accord culturel entre la Communauté française et la Communauté flamande, du type de ceux que la Communauté française, alias Fédération Wallonie-Bruxelles a noués avec de nombreuses régions et de nombreux pays dans le monde, mais, apparemment, ce dossier n’est pas envisagé pour l’instant. «Et si d’aventure notre école devenait enfin une école de la Communauté française, je m’attendrais à voir des manifestants flamingants déferler à nouveau sur Fourons», soupire Bernard Liégeois.

La politique a des principes qu’il faut comprendre

Au moment de céder l’écharpe mayorale à Joris Gaens, à la fin décembre 2018, Huub Broers (Voerbelangen) nous avait confié qu’il avait vite vu qu’il «ne pouvait rien lui apprendre, pas plus qu’à ma fille Hilde» qui se préparait à hériter de la présidence du CPAS de Fourons.

Les péripéties politiques de cette semaine, qui ont vu l’opposition francophone suffisamment en nombre pour, à la faveur de l’absence d’une élue néerlandophone, bloquer les modifications budgétaires du CPAS, puis s’opposer à la modification du plan budgétaire pluriannuel de la commune, ont provoqué chez la présidente du CPAS puis chez le bourgmestre des réactions qui nous inciteraient à penser qu’il leur reste encore beaucoup à apprendre des principes politiques. Et notamment des rapports qui existent entre une majorité et une opposition.

C’est d’abord la présidente du CPAS qui a interpellé le chef de groupe R@L (Retour aux Libertés), l’ancien bourgmestre fouronnais Nico Droeven, pour lui demander de justifier le vote négatif de son groupe sur la modification budgétaire proposée. Nico Droeven a rejeté l’invitation: s’il arrive que des élu(e)s justifient une abstention, il n’est guère d’usage qu’un vote négatif de groupe se justifie.

Le conseil communal, à son tour, n’a pu s’exprimer sur la modification budgétaire du CPAS, dès lors que cette modification reste en suspens…

Détendu en début de séance, Joris Gaens a exprimé son incompréhension devant le vote négatif de l’opposition francophone sur le budget

Joris Gaens, détendu en début d’une séance dont l’ordre du jour n’était guère chargé, a fait preuve de la même impatience en conseil communal, ce jeudi, quand il a regretté l’attitude de l’opposition «qui a voté contre (la modification du plan budgétaire pluriannuel de la commune) sans même avoir posé une question sur le document. En principe, le conseil communal est tout de même un espace de débat».

L’échevin francophone, Jean Levaux lui a répliqué que son groupe avait décidé «de ne pas poser de questions» et fixé son attitude politique.

L’opposition francophone n’a pas embrayé sur ce début de polémique. Mais certains échanges informels après le conseil communal lui ont permis de faire savoir à des élu(e)s de la majorité que, de leur côté, la conseillère et les conseillers francophones reçoivent la plupart du temps des réponses lapidaires à leurs interventions en séance publique, sans pour autant s’indigner de la manière dont leurs suggestions sont balayées sans autre forme de procès

Le phénomène n’est pas typiquement fouronnais: il se déroule dans toutes les assemblées, en Belgique comme ailleurs. Que ce soit dans le cadre du conseil communal d’une petite commune comme Fourons, d’un conseil provincial, d’un Parlement régional, ou du Parlement fédéral.

C’est que la politique a ses lois, dont Huub Broers a peut-être oublié de transmettre les principes à ses héritiers.

Un des principes de base de la politique est que le budget est la traduction chiffrée de la politique qu’une majorité veut mettre en œuvre. C’est pour cela qu’on dit souvent que le vote du budget est l’acte le plus important d’une assemblée, quelle qu’elle soit.

L’opposition, par définition, ne se retrouve pas dans ce budget, même si sur certains points, elle peut être d’accord avec l’une ou l’autre décision ponctuelle qui nécessite un engagement budgétaire. Elle ne peut donc que s’opposer au budget, à moins qu’elle n’ait été associée à sa confection et ait pu y traduire certaines de ses priorités. Mais à Fourons, où Flamands et Francophones se font face, ce n’est pas le cas. Les votes négatifs de R@L coulent donc de source. L’accès d’humeur de la présidente du CPAS et celui du bourgmestre étaient donc hors de propos.

Un drone pour la (chère) zone de police

L’acquisition d’un drone au bénéfice de la zone de police (pour la recherche de personnes disparues, pour des missions de maintien de l’ordre, pour la surveillance d’événements publics, pour des interventions en cas d’accidents ou de catastrophe naturelle, précisait la demande de la police) a donné lieu à un étrange jeu de rôle entre le président du conseil communal, Rik Tomsin, et des élus Voerbelangen. Au grand étonnement du groupe francophone, Rik Tomsin a proposé un amendement à cette décision, pour prévoir une «évaluation annuelle par le conseil communal» de l’utilisation du drone, et la «suspension de son utilisation, si nécessaire». «Quelles seront les conséquences de la constatation d’un abus éventuel?» a interrogé l’échevin francophone, Jean Levaux, sans obtenir de réponse claire. L’amendement (pour calmer les appréhensions de certains élus flamands?) et la décision ont été ensuite adoptés, avec l’appui de la conseillère francophone Clotilde Mailleu pour l’achat, rejeté par Gregory Happart, Michael Henen et Benoît Houbiers, tandis que Jean Levaux s’abstenait. Le conseil a aussi approuvé le compte 2021 de la zone de police unicommunale fouronnaise: il s’est clôturé par un mali de 225000 euros. Un décompte supplémentaire, à ajouter au coût du transfert au Limbourg…

Commission permanente de contrôle linguistique: cause toujours, tu ne m’intéresses pas!

Malgré la pandémie, la Commission permanente de contrôle linguistique a été saisie à nouveau de nombreux dossiers fouronnais

La pandémie n’a pas empêché le dépôt de plaintes déposées en 2020 et en 2021, à l’encontre de l’administration communale de Fourons: on en dénombré vingt-sept en 2020, mais seulement quatre en 2021.

La Commission permanente de contrôle linguistique a été particulièrement sollicitée, puisque, il y a deux ans, elle a été saisie de douze des plaintes déposées, et l’an dernier, de trois des quatre plaintes visant l’administration.

L’échevin francophone, Jean Levaux, ne s’est pas contenté de ce rapport statistique, soumis ce dernier mercredi aux élus fouronnais: il s’est enquis du sort réservé à ces plaintes.

«Je suppose que vous visez spécialement les plaintes adressées à la CPCL, et qui sont du ressort du bourgmestre» lui a répondu le mayeur Voerbelangen, Joris Gaens. Avant de répondre, dans la droite ligne de son prédécesseur, Huub Broers, que la commune n’est en rien liée par les décisions de la Commission permanente de contrôle linguistique. À quoi sert dès lors cette institution? Côté francophone, on n’a évidemment pas la même lecture du dossier. Et on note que la CPCL pourrait même requérir du commissaire d’arrondissement-adjoint… flamand, la mise en application de ses décision. Ce qu’elle ne fera évidemment pas, puisqu’elle est paritaire.

Dans la foulée, Jean Levaux est revenu sur un point souligné par Clotilde Mailleu lors d’une réunion précédente: les panneaux d’avertissement uniquement en neerlandais, placés sous des panneaux de limitation de vitesse, alors qu’ils doivent être bilingues.

«Vous nous aviez dit que vous feriez quelque chose… mais rien ne se fait» a relevé l’échevin francophone.

Ces panneaux sont placés par l’administration flamande des routes à laquelle il faut éventuellement s’adresser, a poursuivi le bourgmestre. «Mais si on traduit ces panneaux d’avertissement, ils prendront beaucoup trop de place. Le plus simple serait de les enlever, puisque la limitation de vitesse est clairement indiquée», a-t-il conclu.

«Faire disparaître des panneaux pour éviter de résoudre le problème, ce n’est pas une solution» a estimé Jean Levaux.

Une école libre non-confessionnelle

Parmi les dossiers délicats que la majorité francophone a dû gérer, il y avait celui de l’école communale francophone, «à laquelle les parents d’élèves tenaient» mais qui était de plus en plus difficile à assumer dans un climat linguistique hostile. Au début des années 1990, «nous avons alors rencontré Elio Di Rupo (PS), jeune et impressionnant ministre-président de la Communauté française, dans son bureau climatisé et fleuri à Bruxelles. Il nous a assurés qu’avec le soutien du CRCF (Centre pour le Rayonnement Culturel de la Culture française), l’école deviendrait une école de la Communauté française. Mais quelques jours avant la rentrée, alors que des enseignantes avaient été engagées, on nous a dit que ce ne serait pas possible. Le 1er septembre, Elio Di Rupo est venu à Fourons. Il a expliqué que l’école serait une école libre non-confessionnelle et il a rassuré les enseignantes, sous statut d’employées: leur ancienneté serait garantie, ce qui a été le cas plus tard, sous la responsabilité de Joëlle Milquet (Les Engagés). Il y avait alors 183 élèves, et on en compte aujourd’hui une soixantaine. C’est le résultat de l’exode massif de jeunes Fouronnais francophones. Depuis peu, de nouveaux habitants francophones viennent vivre à Fourons, que nous rencontrons par exemple lors de manifestations culturelles au Centre culturel et sportif. Mais beaucoup d’entre eux souhaitent que leurs enfants soient bilingues, et ils les inscrivent plutôt à l’Institut provincial flamand de Fouron-le Comte»

Le Pley devient public à Fouron-le-Comte: et alors?

Le point, purement administratif, a été approuvé à l’unanimité par le conseil communal de Fourons, ce dernier mercredi. le «Pley», entendez l’espace devant l’église saint Lambert à Fouron-le-Comte, est entrée dans le domaine public.

Le Pley appartient désormais à la commune de Fourons. Mais cela n’y changera rien

«Au fond, cela ne changera pas grand chose» a commenté au passage le bourgmestre Voerbelangen, Joris Gaens.

La seule différence, en fait, est que l’entretien de cet espace, où des véhicules peuvent stationner -mais le pourront-ils nécessairement en cas de cérémonie religieuse?- doit désormais être entretenu par la Commune, et non plus par le conseil de fabrique de Fouron-le-Comte.

Ce qui est particulier aussi, c’est que des ossements anciens se trouvent peut-être sous les pavés de la place. C’est que jadis, les cimetières entouraient les églises, et il n’est donc pas impossible, donc qu’une partie du cimetière originel de Fouron-le-Comte, subsiste ainsi sous les véhicules.

Le passage de cet espace dans le domaine public, pour peu spectaculaire qu’il soit, ne s’en inscrit pas moins dans le montage très compliqué mis en place, il y a quelques années, pour trouver une issue au problème soulevé par l’utilisation, par le conseil de fabrique de l’époque, de crédits accordés pour la rénovation de l’église, à la rénovation de la… salle paroissiale, attenante à l’édifice religieux.

Ce n’est que quand des honoraires dus à l’architecte auteur de projet n’ont pu être payés que le pot-aux-roses a été découvert. Après bien des palabres, on s’en souvient, la commune a accordé il y a un peu plus de cinq ans un crédit-pont d’1,7 million à la fabrique d’église et en contrepartie, la salle paroissiale est passée dans le giron communal, malgré l’opposition francophone; et le Pley devait tomber dans le domaine public. L’évêché, dans le cadre d’un accord tripartite, devait aider la fabrique d’église à rembourser ce crédit-pont. Et la rénovation de l’église a été suspendue.

Tout n’a pourtant pas marché sur des roulettes: le compte 2021 du conseil de fabrique de Fouron-le-Comte, avait été renvoyé à l’expéditeur, parce que des codes et l’intitulé de comptes y étaient erronés. Et puis parce que le montant de la dette à l’égard de la commune inscrit dans le document faisait état d’une dette de 100000 euros au lieu d’un million d’euros!

Finalement, le document est revenu corrigé. Et en même temps que d’autres comptes de fabrique d’église, ils ont été approuvés. Mais pas par l’opposition francophone qui, sur les autres comptes, les a approuvés, à l’exception de Grégory Happart.

La taxe sur les gîtes va plus que tripler en deux ans

Fait rarissime au conseil communal de Fourons ce jeudi: des Flamands et des Francophones ont partagé la même indignation, devant l’augmentation de la taxe sur les nuitées en gîte: il faut dire que la vingtaine de spectateurs présents étaient tous propriétaires de gîtes. Et que la majorité Voerbelangen envisageait au départ rien moins que de… quadrupler la taxe, la faisant passer de 30 à 120 euros d’un seul coup.

La pilule, apparemment, était trop amère : la taxe, approuvée majorité flamande contre opposition francophone, passera de 30 à 80 euros par lit… d’une personne (un lit pour deux personnes sera donc doublement taxé) l’an prochain, puis à 100 euros pour 2024 et 2025. Ce qui signifie néanmoins qu’elle fera plus que tripler en deux ans! En attendant peut-être encore plus après 2025?

Le débat n’est pas uniquement en cours à Fourons. Dans l’arrondissement de Verviers, la réflexion s’est ouverte en conseil communal à Theux, cette semaine, sous l’impulsion de l’ancien bourgmestre, Philippe Boury. Spa y réfléchit également, et Plombières, la commune voisine de Fourons, a mis en place une taxation particulière des gîtes, il y a quelques années déjà.

Un des axes de la réflexion, dans toutes ces communes, est la difficulté pour les jeunes de trouver un logement à un prix raisonnable, alors que de plus en plus d’habitations se muent en gîtes touristiques.

À Fourons, le bourgmestre, Joris Gaens (Voerbelangen) a évoqué lui aussi le risque de voir les prix des habitations, moins disponibles, devenir hors de portée des jeunes Fouronnais(es). Mais c’est déjà le cas depuis de très nombreuses années, avec «l’invasion hollandaise» qui a entraîné une surenchère immobilière. Et c’est surtout d’équilibre entre le tourisme et la vie quotidienne des habitants qu’il a été question ce jeudi: en 2012, on y avait dénombré 95000 nuitées dans la commune; en 2020, elles se chiffraient à 186000.

«Le tourisme prend une place de plus en plus importante» dans notre économie, explique Joris Gaens, «mais la qualité de la vie dans le cœur de nos villages doit être maintenue pour les habitants».

La majorité flamande à Fourons entend préserver un équilibre entre la qualité de vie des habitants et l’intérêt des touristes pour la région. Mais aussi sans doute capter un pactole intéressant…

Pour motiver sa décision, la majorité flamande s’est appuyée sur une enquête menée dans la commune sous la direction de Toerisme Vlaanderen. Et elle entend traduire cette enquête dans une «nouvelle vision», qui vise à maîtriser le flux touristique, mais aussi, au passage, à assurer un pactole intéressant pour les finances communales.

Pour l’an prochain, le mayeur fouronnais annonce ainsi une campagne de sensibilisation des touristes «à la qualité et à la vulnérabilité» du paysage fouronnais. Et il en espère une «compréhension réciproque entre les habitants de la commune et leurs visiteurs».

Ce discours en forme de vœu pieux n’a pas vraiment réussi à convaincre les propriétaires de gîtes. Ni l’opposition francophone.

«Depuis des années, vous avez puissamment promu le tourisme dans le paysage fouronnais, et maintenant vous faites volte-face d’un seul coup», a réagi le conseiller R@L Michael Henen. Surtout, l’élu francophone a accusé la majorité flamande de préparer une «sélection naturelle», car de nombreux propriétaires qui exploitent un petit gîte en activité complémentaire, n’auront «d’autre choix que de mettre la clé sous le paillasson», avec l’augmentation drastique des taxes qui vont les frapper.

La majorité, en réplique, a brandi les exceptions prévues pour les agriculteurs en activité, à qui l’exploitation d’un gîte permet de soutenir la viabilité de leur entreprise.

Le bourgmestre, Joris Gaens, toujours dans le cadre de cette «nouvelle vision» du tourisme à Fourons a annoncé un futur «plan communal de stationnement».

La conseillère R@L, Clotilde Mailleu, elle, est revenue sur les dangers constitués dès à présent par les divers rétrécissements de chaussée destinés à ralentir le trafic, mais où aucune priorité de passage n’est définie.

Déjà interpellée une première fois à ce propos, la majorité a répété que le propos est d’inciter tout le monde à lever le pied. Ce que réussissent efficacement à faire des zones de rétrécissement successives aux priorités alternées. Et où, en cas de collision, la responsabilité des usagers n’est pas partagée.

L’élue francophone s’inquiétait également des plaques d’avertissement sous des panneaux de limitation de vitesse rédigées uniquement en néerlandais: le bourgmestre a convenu qu’il y avait là un manquement… dont la Commune n’est pas responsable, puisque ce n’est pas elle qui a installé ces panneaux.

Michael Henen n’a pas été plus heureux en réclamant sur les pistes cyclables des panneaux incitant les cyclistes à adopter des règles de comportement conviviales, et obligeant chaque vélo à être équipé d’une sonnette d’avertissement.

La majorité les lui a refusés en invoquant le risque de… pollution sonore des cyclistes. En supposant que ces derniers s’amuseraient, sans doute, à carillonner tout au long de leur parcours? Il suffirait pourtant de les sensibiliser, tout comme les futurs touristes qui viendront se répandre dans le paysage fouronnais…

Les associations caritatives ont perdu la collecte de vêtements

Le retrait s’est fait de manière discrète, mais depuis quelques semaines, les conteneurs de l’asbl flamande Weredl Missie Hulp, et de l’asbl francophone Terre ont disparu du paysage fouronnais.

Terre n’était déjà plus qu’en sursis: l’association fondée en région liégeoise par William Wauters avait été priée de plier bagage dès 2005. En conseil communal, un élu flamand, Victor Walpot, avait été jusqu’à déclarer que «Terre n’a plus le droit de venir ici. Un point c’est tout». Et le bourgmestre Voerbelangen de l’époque, Huub Broers, avait précisé la diatribe de son colistier flamingant en expliquant que l’asbl liégeoise bénéficiait bien d’une autorisation nationale dans le cadre d’un arrêté royal sur les associations de bienfaisance, mais qu’elle devait en plus se soumette au décret flamand sur l’enlèvement… des déchets. Et que faute de rapport d’activités (en néerlandais, of course); de statistiques de ramassage, et de collaboration avec un utilisateur final «reconnu» par la Vlaamse Overheid (l’autorité flamande), elle ne pourrait poursuivre ses collectes de vêtements dans les six villages de la vallée de la Voer.

À Fourons, les conteneurs de «Wereld Missie Hupl», sur le domaine public, étaient doublés par ceux de l’asbl liégeoise «Terre» sur des terrains privés

Les responsables de l’asbl Terre avaient reçu le message et s’en étaient émus, dans la mesure où ils disposaient notamment d’une autorisation de collecte aux… Pays-Bas, et donc notamment à un jet de pierre de Fourons. Mais une solution pragmatique avait été trouvée: ses conteneurs avaient été déposés sur des terrains privés, tandis que l’asbl flamande Wereldmissie Hulp déposait les siens à divers endroits de la commune, avec le fiat de la majorité flamande.

Désormais, tous ces conteneurs ont disparu.

«C’est une décision communale», confirme le bourgmestre actuel, Joris Gaens. La raison? «Les conteneurs étaient vidés de manière beaucoup trop tardive. Résultat: souvent, des sacs de vêtements étaient abandonnés à leur pied; ce qui entraînait des dépôts d’immondices. Nous avons reçu beaucoup de plaintes à ce propos, et nous l’avons constaté nous-mêmes». D’où cette décision radicale, «car cette situation n’était évidemment pas favorable au domaine public. Et puis, il y avait une alternative valable».

Cette alternative, ce sont des sacs précisément prévus pour l’enlèvement de vêtements à donner, «au prix d’un euro pour un rouleau de vingt sacs de cinquante litres, soit 5 centimes au sac», précise Joris Gaens. Ces sacs sont enlevés par le système de ramassage Optimo de l’intercommunale limbourgeoise de récolte des… déchets, Limburg.net. «Mais il reste des conteneurs au parc environnemental communal, où on peut toujours déposer gratuitement des textiles», ajoute le mayeur fouronnais. Des conteneurs… de Limburg.net.

«Depuis le 1er janvier de cette année, Limburg.net récolte effectivement du textile de deux manières», explique la porte-parole de l’intercommunale limbourgeoise, Ilse Luypaerts. «D’une part, il y a des conteneurs blancs, placés et vidés dans le cadre d’un contrat public. D’autre part les sacs orange, récoltés en porte-à-porte par nos services»

«En qualité d’intercommunale des déchets limbourgeoise», Limburg.net estime qu’il est «important de retraiter au niveau local la plus grande partie des textiles que nous récoltons dans la province et à Diest» poursuit Ilse Luypaert. C’est pourquoi «nous avons choisi volontairement que 40% de l’emploi dans nos points de collecte soient réservés à des emplois sociaux, et à des entreprises qui prennent en charge l’intégration de personnes handicapées ou qui ont peu de chances de trouver du travail. Ainsi, nous sommes certains d’assurer de l’emploi local et durable, pour des personnes parfois fort éloignées du marché du travail».

Le textile récolté dans les conteneurs est prix en charge par un sous-traitant. «Le textile réutilisable est réutilisé dans le cadre de la lutte contre la pauvreté. Il est pris en charge par des magasins de seconde main, des CPAS, ou des organisations de lutte contre la pauvreté. Le textile non-réutilisable, lui, est recyclé» ajoute la porte-parole. «Nous pouvons ainsi garantir que tout le textile récolté trouve une destination, et que sa plus grande part reçoit une deuxième vie».

Pour les asbl évincées, c’est plutôt la soupe à la grimace.

Le monde associatif soit ses objectifs et ses moyens phagocytés par le secteur commercial, dont les adjudications publiques sont imbattables

Du côté de Terre, on fera sans doute contre mauvaise fortune bon cœur, en se disant qu’entre 2005 et 2022, grâce à des privés, l’asbl francophone a échappé à une expulsion programmée par l’autorité flamande. Et espérant que les Fouronnais(e)s continueront à aller déposer des vêtements dans les dix conteneurs que l’asbl liégeoise a installés à parts égales à Warsage et à Aubel.

Le monde associatif, qui affiche sa volonté de «créer des emplois durables pour des personnes en situation d’insertion», de «préserver l’environnement en réduisant les déchets et encourageant une attitude responsable»; de «développer une activité économique selon les principes de l’économie sociale et solidaire»; et qui, dans cette perspective déploie «des filières de réutilisation et de recyclage de textile usagé en circuits courts»; propose «des vêtements à bas prix principalement au travers de nos magasins de seconde main»; et crée «des partenariats à l’échelle locale, nationale et internationale majoritairement avec les acteurs de l’économie sociale solidaire» doit néanmoins voir d’un mauvais œil une puissante intercommunale, soutenue par l’autorité flamande, phagocyter ainsi ses objectifs et ses activités.

Le constat est encore plus cruel pour Wereld Missie Hulp, qui confirme le retrait de ses conteneurs à Fourons, mais conteste la raison invoquée à l’appui de cette décision.

«Il n’y a jamais eu de surcharge au pied de nos conteneurs, que nous avons vidés de manière régulière. Et nous en avons eu confirmation en vérifiant les quantités prélevées», explique Koen Verbraeken, responsable de la logistique de l’asbl.

«Ces deux dernières années, nous avons dû retirer énormément de conteneurs dans certaines communes flamandes,» ajoute notre interlocuteur.

Le mécanisme est passé par «des adjudications lancées par des intercommunales, évidemment remportées par des sociétés commerciales, qui ont déposé des offres financières beaucoup plus importantes, auxquelles le secteur des entreprises du secteur associatif ne pouvaient répliquer».

Résultat des courses, «la situation devient de plus en plus difficile pour nous. Car chaque conteneur enlevé représente moins de textile récolté. Et donc moins d’argent que nous pouvons consacrer à nos projets caritatifs».

Sur son site, Wereld Missie Hulp affiche notamment les projets qu’elle mène en Tanzanie, au Népal, en République Démocratique du Congo, en Éthiopie, au Burkina Faso, au Cameroun, au Kenya, au Cambodge, en Thaïlande, au Pérou, en Ouganda, au Togo, en Bolivie, aux Philippines, en Haïti, au Népal, au Sénégal, au Myanmar, au Mali, en Inde, en Équateur, au Brésil, etc…

«Pour tous ces projets, c’est la récolte de vêtements qui nous fournit les moyens de les financer», commente l’asbl sur son site Web. «Hélas, pour l’instant, nous traversons des temps difficiles, en raison de la pression commerciale croissante sur le commerce du textile. L’impact de ce phénomène sur la poursuite de nos projets est grand»….

La mobilité douce en promotion

Entre la rue de Mouland et la rue de Berneau, le charroi agricole côtoiera le trafic cycliste…

Les grands travaux d’égouttage en cours à Fourons depuis de nombreux mois ont permis la réorganisation de la circulation, avec un accent tout particulier sur la mobilité douce. D’autres travaux ont été ou sont en cours de réalisation, qui étendent le réseau cyclable de la commune, et ces travaux, entamés à la fin de l’année dernière, sont achevés ou en voie d’achèvement, signale l’administration communale.

Il en va ainsi de la piste cyclable qui va de la rue de Berneau à la rue de Mouland, à Fouron-le-Comte, dont la fondation a été refaite et qui a été pourvue d’un revêtement en béton. «La piste cyclable pourra ainsi être utilisée longtemps tant pour le trafic cycliste en direction de l’école (N.D.L.R.: provinciale flamande) que pour le charroi agricole», commente la commune. Les usagers s’en réjouiront, mais le voisinage de lourds engins agricoles avec des vélos ne se révélera-t-il pas dangereux en certaines périodes de l’année?

Pour desservir l’école provinciale

Dans la foulée de ces travaux, un passage en toute sécurité a aussi été prévu pour les cyclistes, à partir de Mennekesput et via Kattengraaf, vers la bibliothèque et… l’école provinciale, poursuit le communiqué de la commune.
Et dans une phase ultérieure, quand les travaux d’égouttage de la rue de l’Arbre seront achevés, cette rue sera reconstruite, et des aménagements supplémentaires seront réalisés «afin d’aménager un trafic sécurisé en direction de l’école» (N.D.L.R.: provinciale), ajoute l’administration communale.

Du béton «vert»

À Kattenroth, pour la réfection de la route, un béton lavé fait à partir de gravier de Meuse a été choisi

La route Kattenroth a aussi été rénovée en grande partie, toujours avec une nouvelle fondation et un revêtement en béton. Là aussi, l’accent est mis sur l’écologie: pour «réduire l’impact sur l’environnement», le choix s’est porté, signale-t-on, «sur un béton lavé», fabriqué «avec du gravier de Meuse».

La suite est annoncée encore pour cette année, avec une liaison cycliste vers Warsage, qui s’arrêtera à la frontière linguistique, à hauteur du pont du chemin de vert de «Plate Voye» (la «route plate», pour qui n’entendrait pas le wallon liégeois). Et la majorité flamande de Fourons de reconnaître avec beaucoup d’objectivité que «côté wallon, la liaison est déjà achevée en grande partie»

Tous ces travaux ont bénéficié de subsides, du Fonds cycliste de la province de Limbourg (Hoeneveldje), et avec l’appui d’un projet européen Interreg XB-MOB-cycling Connects, pour les travaux d’études et la réalisation de Kattenroth. Sans oublier le sempiternel soutien de la Région flamande (N.D.L.R.: qui a déjà tant investi à Fourons).

Tous ces investissements, conclut le communiqué de la commune, ont à la fois une visée fonctionnelle et touristico-récréative.

Une soixantaine de réfugiés ukrainiens accueillis à Fourons

Une soixantaine de réfugiés ukrainiens sont actuellement accueillis à Fourons: le chiffre en a été donné ce jeudi soir par le bourgmestre fouronnais Joris Gaens (Voerbelangen), en réponse à une question d’actualité de l’échevin francophone, Jean Levaux (R@L), posée en fin d’une courte séance, essentiellement consacrée à des points administratifs.

Les réfugiés ukrainiens hébergés à Fourons sont d’abord passés par le centre Fedasil à Bruxelles

«J’aurais préféré une question écrite», a commencé par dire le mayeur, qui a pourtant été d’autant moins pris au dépourvu que le CPAS de Fourons avait traité du dossier, juste avant la réunion du conseil communal.

Cette arrivée de réfugiés, qui ont transité par Fedasil, l’administration en charge du traitement des demandes d’asile à Bruxelles, résulte d’un «élan de solidarité» de la population fouronnaise «qui m’a surpris», a avoué Joris Gaens: «une cinquantaine de familles se sont en effet manifestées pour dire qu’elles étaient prêtes à héberger des réfugiés».

Jean Levaux a salué cette solidarité, mais s’est quand même inquiété: proportionnellement à la population fouronnaise (un peu plus de 4000 habitants), cet effort n’est-il pas disproportionné? Peut-on le comparer à l’effort fourni par d’autres communes, a-t-il interrogé.

«Le nombre de réfugiés qui est envoyé répond plus ou moins à l’offre d’hébergement», a répondu Joris Gaens. Et la Région flamande va accorder aux communes une aide financière pour faire face à cette arrivée, a-t-il complété.

Car effectivement, il ne faut pas exclure que cet hébergement dure un certain temps, ce qui implique un surcroît de travail pour le personnel du CPAS, proportionnel à la taille de la commune, a encore expliqué Joris Gaens.

Une première réunion a déjà été organisée «à la salle paroissiale» (Ndlr: qui devrait pourtant être une salle communale, en vertu de l’accord tripartite entre la Commune, l’évêché de Hasselt, et le conseil de fabrique local qui avait utilisé une part des subsides destinés à la rénovation de l’église pour rafraîchir la salle…) de Fouron-le-Comte, afin d’informer les réfugiés ukrainiens des possibilités qui s’offrent à eux, a poursuivi le bourgmestre. La scolarisation des enfants peut notamment être envisagée.

«N’y a-t-il pas un problème de langue?» a encore interrogé Jean Levaux, qui, cette fois, ne faisait pas allusion… au contentieux linguistique propre à la commune.

«Trois personnes ukrainiennes parlent anglais, et nous avions un interprète venu de Riemst, qui parle néerlandais et ukrainien», a expliqué Joris Gaens. Mais le problème est plus que local, et, a conclu le bourgmestre, «la Région flamande tente de créer un pool d’interprètes, qui pourrait venir à l’aide des communes en la matière».

Les éoliennes de Dalhem démangent la majorité fouronaise

Une question d’un(e) élu(e) de la majorité, en début de séance: c’est le procédé «téléphoné» habituel pour permettre à un bourgmestre de dérouler une argumentation ou de partager son humeur.

Cela a été le cas, ce jeudi avec l’intervention de l’élue Voerbelangen Alexandra Van Gestel, relative à la position de la commune à l’égard du projet d’implantation de six éoliennes à la limite de Dalhem et de Fouron-le-Comte.

Des éoliennes? «Pas dans mon jardin (fouronnais)»

Les avis négatifs se sont multipliés sur ce sujet, a rappelé Joris Gaens: Fourons, l’université de Liège, ou la commune néerlandaise d’Eijsden-Margraten, notamment, se sont exprimées négativement à ce sujet. Pire, a-t-il dénoncé, il n’y a pas eu concertation entre le gouvernement wallon et les ministres flamands Zuhal Demir (N-VA), charge de la Justice, de l’Énergie, du Tourisme, et aussi de l’Environnement, et Matthias Diependaele, tout autant N-VA, responsable, lui, du Patrimoine, mais surtout des Finances et du Budget.

«Ce n’est pas une manifestation de bon voisinage», a commenté le mayeur fouronnais, oubliant par exemple, le veto opposé par Zuhal Demir à la construction d’une centrale au gaz à Vilvorde, qui compromet les plans de sortie du nucléaire approuvés au fédéral.

Les arguments contre l’implantation des éoliennes, soulevés par Joris Gaens, sont classiques: ils vont du dommage paysager au risque qu’elles créeraient pour certains oiseaux, sans oublier le classique reproche sur le bruit (?) généré par des éoliennes.

«Nous attendons le résultat de toutes les plaintes qui ont été déposées» a-t-il assuré, en prévenant que sont déjà prêtes «toutes voies de recours», si ces plaintes sont rejetées. Au risque de freiner la transition énergétique?

Mouland aura son passage pour piétons irisé contre l’homophobie

Cela n’arrive pratiquement jamais à Fourons, ni ailleurs d’ailleurs: une proposition d’un élu de l’opposition francophone, Michael Henen, a été approuvé quasiment telle quelle à l’unanimité. Celle de créer un passage pour piétons aux couleurs de l’arc-en-ciel, sur la route régionale 753 à Mouland.

Michael Henen avait bien ficelé sa proposition, puisqu’il s’appuyait notamment sur l’espoir exprimé par… la ministre libérale flamande de la Mobilité et des Travaux publics. Lydia Peeters, a rappelé le conseiller R@L «a émis le vœu que chaque commune flamande installe un passage pour piétons aux couleurs de l’arc-en-ciel», et c’est l’occasion pour Fourons, a-t-il plaidé, l’occasion de s’inscrire dans ce mouvement. Car, a rappelé Michael Henen, car «la haine contre des personnes en raison de leur sexe ou de leur orientation sexuelle» est un phénomène toujours présent, «même au XXIe siècle».

Un tel passage pour piétons est donc un plaidoyer «pour la diversité», a-t-il poursuivi. «Notre groupe promeut la diversité et la tolérance, et je ne doute pas qu’il en est ainsi de même pour la majorité».

Un passage pour piétons qui sera en même temps un «plaidoyer pour la diversité et la tolérance»

Difficile de ne pas s’inscrire dans le mouvement: l’échevine Yolanda Daems a revendiqué une antériorité («Nous y avions pensé en novembre 2021, mais il n’y avait aucune possibilité à ce moment-là»), et sous réserve d’un amendement, réclamant l’avis de la Direction flamande des routes, la proposition a été admise à l’unanimité.

Ce passage pour piétons «irisé» sera implanté à Mouland, «où il existe déjà deux passages pour piétons assez proches l’un de l’autre, et où il faut en tout cas conserver celui qui est implanté sur la rue de Visé» a commenté l’échevine.

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